[attention je suis véner… je vais… oups]

« Je dois souffrir d’un refus pathologique de l’autorité qui doit certainement provenir d’une absence de la figure du père parce que j’ai le sentiment qu’aucun-e professionnel-l-e fût-il ou elle le meilleur de sa profession ne peut quoi que ce soit à mon problème. Mon problème est le suivant : je souffre de vivre dans un monde en guerre où des professionnelsprofessionnel-le-s participent quotidiennement au maintien de normes qui m’empêchent — de vivre. Ces professionnel-l- e-s du simple fait de leur position de détenteur d’une profession me renvoient au fait que je dois être quelqu’un qui fait quelque chose, qui s’emploie pour pouvoir exister. Dans le pire des cas je devrais au moins tenir dans une case : accepter un diagnostic… De ce fait ils m’empêchent d’être qui je suis. Car je ne suis pas seulement « sans profession », ni seulement « fou » , ni seulement « révolutionnaire », ni seulement « con » je suis aussi celui qui ne supporte aucune étiquette et qui ne peut pas accepter de vivre dans un monde où tu crèves la gueule ouverte si tu n’en as pas ou si tu n’as pas la bonne. Je suis aussi celui qui refuse d’être « moi » et qui affirme que personne d’où qu’il soit n’a d’autorité ni de légitimité pour analyser, juger ou soigner ce « moi ». La seule thérapie que je réclame est un soin complet, holistique et en profondeur de toute la société malade qui m’a engendré ! Autrefois on appelait ça une révolution, aujourd’hui on ne dit plus rien et on cherche chacun-e de son côté comment on va continuer à sous-vivre un peu plus long- temps… Comment on va faire pour trouver le-la bon-ne professionnelle qui va arranger notre problème d’existence ? Quel est le meilleur traitement qui me serait adapté ? Et pour empêcher que quiconque s’échappe de cet en- fer que nous consolidons chaque jour, on ira taxer d’extrémiste le premier qui voudra crier « finis- sons-en ! » et de « fou » le premier qui tentera d’une manière ou d’une autre d’en finir par lui-même. On l’enfermera et on le traitera avant qu’il puisse faire du grabuge, ça servira d’exemple aux autres et s’il y en a beaucoup d’autres on les parquera aussi : enfants, vieux, chômeurs, malades, in- curables, improductifs, inactifs, hyperactifs, handicapés, anormaux, psychotiques, né- vrosés, normosés, déviants, délirants, délinquants, décadents, dépressifs, criminels, sectaires, terroristes, coupables, marginaux, migrants, mendiants, bipolaires, borderline, parano, skizo, tarés, vagabonds et totos en tutu… Il y aura des étiquettes pour tout le monde et non seulement tu porteras les tiennes mais tu penseras avec elles et tu verras les autres à travers les grilles que nous avons dé- finies et toi aussi bientôt en croisant ton semblable tu diras « ho le pauvre ! » et tu voudras l’aider, le soigner même et tu lui diras « tu sais il y a des bonnes professionnel-le-s… » Puis bientôt tu t’apposeras tes étiquettes toi-même et tu deviendras ton propre psy, ton propre juge et ton propre flic, tu pourras enfin t’autolimiter librement tu seras devenu le rouage parfait de notre machine, TA machine, la machine parfaite et bien huilée de ce monde. Un monde parfait où les bonnes malades posent les bonnes questions aux bonnes professionnel-le-s ! »

[Haaa ça va mieux excusez moi…]

A.